Pour faire vivre nos idées, portons un candidat PRG à l’élection présidentielle

Pour faire vivre nos idées, portons un candidat PRG à l’élection présidentielle

Contribution du PRG Paris pour le Congrès du PRG des 2, 3 et 4 septembre 2016 à La Rochelle

cropped-logo_prg2.pngcropped-27dfb-6718_485357224864798_1831843997_n.jpg

Lors des dernières élections départementales, régionales, sénatoriales et européennes, les Radicaux de gauche ont signé des accords électoraux avec le parti socialiste. Mais, dans de nombreux territoires, ces accords ne furent pas respectés.

Depuis la candidature de Christiane Taubira à l’élection présidentielle de 2002, aucune candidature nationale sous notre propre drapeau ne s’est fait jour, étant entendu que les Radicaux de gauche ont respecté leur engagement à l’occasion des Primaires citoyennes en soutenant leur vainqueur, François Hollande.

En 14 ans, nos militants n’ont pas pu soutenir une candidature radicale autonome nationale à une élection républicaine.

Beaucoup de nos militants, et notamment les plus jeunes, n’ont ainsi eu à ce jour pour choix, en tant que Radicaux de gauche, que de soutenir des listes de candidats socialistes.

Sauver quelques circonscriptions aux prochaines élections législatives nécessite-il que notre identité politique soit ainsi étouffée ? Peu importe que la réponse soit négative ou positive, l’identité politique des Radicaux de gauche réside justement dans notre capacité à ne pas aborder le combat des idées par un angle utilitaire irrespectueux du choix citoyen.

L’absence médiatique du parti depuis le début du quinquennat, nous interpelle et nous inquiète. Nous devons, plus que jamais, porter un candidat radical de gauche pour défendre nos valeurs.

A l’avant-garde sur les questions sociétales

Le PRG, euro-fédéraliste et défenseur d’une VIe République ambitieuse, a porté avant les autres des propositions audacieuses en faveur du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuel-le-s, pour la fin de vie dans la dignité, pour la légalisation du cannabis, pour la reconnaissance du droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections locales, pour la procréation médicalement assistée la plus ouverte possible, pour l’éthique dans la recherche génétique, pour la défense d’un urbanisme écologique volontariste, etc.

Notre vision libérale dans le combat contre toutes les discriminations n’est pas qu’une vue de l’esprit.  Ainsi, face à l’afflux migratoire de réfugiés issus de zones où la violence fait rage, les Radicaux de gauche parisiens se sont mobilisés sur le terrain et ont soutenu sans relâche la mobilisation de moyens ainsi que la création de centres d’information, d’accueil et d’hébergement pour les exilés.

En précurseur du réformisme économique

Notre approche non-dogmatique des problématiques socio-économiques apporte une réponse à une néo-mondialisation numérisée nécessitant une analyse experte, complexe et évolutive.

Défenseur d’un service public innovant, d’une recherche publique ambitieuse et d’une politique extérieure utilisant un libre-échange européen adapté à nos exigences sociales et environnementales ; nos choix sont portés par le pragmatisme et le bien collectif.

Le co-développement irrigue nos orientations stratégiques où la francophonie est un vecteur culturel indéniable au même titre que notre capacité à attirer l’attention du monde par certains événements sportifs majeurs.

Notre capacité à dépasser les combats d’arrière-garde zadiste pour réussir la transformation collaborative et solidariste nous rend indispensable pour une gauche étouffée par ses certitudes du XIXe siècle où le dimanche, « jour du Seigneur », doit être chômé.

De l’Audace, encore

Le Parti radical de gauche est, depuis l’élection de François Hollande, le seul parti politique représenté à l’Assemblée nationale et au Sénat à soutenir le Président de la République en dehors de son propre parti.

Nous sommes conscients de l’apport de nos représentants au Gouvernement. Mais, nous sommes également conscients de l’importance des déceptions actuellement ressenties parmi nos militants et dans notre électorat, déceptions accentuées par un contexte socio-économique difficile et une crise politique grave. Les Radicaux de gauche doivent ainsi assumer leur part de responsabilité et éclairer le débat public de leurs valeurs progressistes et humanistes.

Initiateurs des Primaires citoyennes et de leurs succès, les Radicaux de gauche constatent avec dépit que les conditions de la participation du PRG aux Primaires portées par la Belle Alliance Populaire ne sont pas réunies et qu’aucune des autres Primaires envisagées à gauche ne sont suffisamment ouvertes et sérieuses pour porter le nouvel élan que nous devons aux citoyennes et aux citoyens.

Les valeurs républicaines étant plus que jamais au centre des préoccupations démocratiques, le réformisme radical porté par nos responsables, nos élus et nos militants s’inscrit dans les défis des prochaines présidentielles.

N’attendons pas que d’autres nous fassent exister ni que le vote utile ne constitue le seul projet politique de ceux qui, dans la majorité, refuseront tout devoir d’inventaire.

Comme l’écrit Jacques Mézard, Président du Groupe RDSE au Sénat, « un courant politique dont l’expression n’est pas lisible dans la principale élection française devient inaudible, terriblement marginalisé et ses militants démobilisés ».

Prenons nos responsabilités en décidant au Congrès de La Rochelle de présenter un candidat à l’élection présidentielle. Choisissons une candidate ou un candidat pour nous représenter et lançons dès à présent la dynamique collective pour porter haut et fort nos couleurs en 2017 !

Contribution Congres PRG 2012 : Pour une République-Monde fraternelle


<!–[if !mso]>st1\:*{behavior:url(#ieooui) } <![endif]–>

 En 2012, le monde est en ébullition. Les Radicaux de gauche doivent partager leur vision du monde et présenter leurs propositions pour avancer vers une République-Monde fraternelle. Les régressions démocratiques, dues à l’ultra libéralisme incarné par l’échec des théories de l’Ecole monétariste de Chicago ou encore par la fausse rationalité de la Banque Centrale Européenne, nous ramènent aux défis auxquels étaient confrontés les théoriciens originaux du radicalisme lorsqu’ils envisageaient un adogmatisme entre le collectivisme et l’individualisme.
Que voyons-nous sous nos yeux aujourd’hui ?
  une Europe au bord d’une faillite financière sans précèdent avec des instances communautaires en panne,
une Europe centrale et de l’Est taraudée par un regain du nationalisme que ce soit dans l’Union européenne comme le démontre la situation de la Hongrie ou à l’extérieur avec les régressions démocratiques en Russie,
un monde arabo-musulman secoué par un vent de révolte démocratique inédit mais où le printemps arabe s’est malheureusement transformé en automne théocratique,
un continent africain qui cherche la voie démocratique par les élections libres et n’accepte plus avec résignation les despotes post-coloniaux,
une Asie mineure coincée entre l’émergence étatique, les revendications nationales et l’islamisme politique,
un Proche-Orient empêtré dans le conflit israélo-palestinien,
  l’émergence du continent indien sous la menace nucléaire,
l’exigence démocratique en Asie qui se développe avec la réussite économique où la Chine pèse de tout son poids économique même si les révoltes sociales se multiplient,
la recherche d’une unité sud-américaine autour d’un socialisme démocratique,
la remise en cause de la suprématie mondiale nord-américaine et le poids grandissant de l’extrême droite religieuse dans la société américaine, comme l’a souligné la récente convention républicaine de Mitt Romney.
A ce rapide tour du monde géopolitique, il faut ajouter des drames humains qui traversent notre planète : l’extrême pauvreté de centaines de millions de malheureux, le travail (voire l’esclavage) des enfants, la condition des femmes bafouée, les peuples apatrides matraqués : les kurdes, les touaregs, les roms, les tziganes…
L’urgence environnementale d’un monde aux ressources limitées devient toujours plus criante : l’accès à l’eau potable, l’agrandissement des zones désertiques, le réchauffement climatique entrainant notamment les premières vagues de réfugiés climatiques.
Enfin, les organisations internationales cherchent de manière évidente un second souffle et ne parviennent plus à répondre à toutes les urgences. L’impuissance de l’ONU face au massacre du peuple syrien du fait des vétos russes et chinois en est la tragique démonstration.
I- Des Radicaux promoteurs et défenseurs de l’universalisme
Héritiers des philosophes des Lumières et des révolutionnaires de 1789, les Radicaux s’affirment en premier lieu comme les promoteurs et défenseurs des valeurs universelles : l’humanisme, la tolérance, l’antiracisme, la justice, la liberté, la démocratie, la solidarité et la laïcité.
Nous n’avons jamais considéré que notre combat politique se limitait aux frontières hexagonales et notre longue histoire témoigne de cette implication permanente entre idéaux, action nationale et universelle. Nous nous revendiquons de Condorcet qui créait la société des noirs et arrachait la citoyenneté des juifs en 1791 ; de Saint-Just qui clamait que le bonheur était une idée neuve en Europe ou encore de Victor Schœlcher qui obtenait enfin en 1848, l’abolition de l’esclavage.
Dès 1899, date de la première conférence de la paix de La Haye, Léon Bourgeois (un des plus grands penseurs du Radicalisme), théorisait une « Société des Nations civilisées »et concevait un système de sécurité collective original, dont nous pouvons encore voir les traces aujourd’hui dans certains articles de la Charte de l’Organisation des Nations-Unies. Il fut le père de la Société Des Nations établie en 1919. Édouard Herriot lui emboita le pas durant sa présidence du Conseil en 1924, incitant à la création de partis radicaux en Europe et dans le monde.
La philosophie Radicale se répandit sur tous les continents : Mustapha Kemal s’en inspira pour constituer l’état moderne turc avec le droit de vote aux femmes dès 1931. Des progressistes égyptiens créèrent le premier parti laïque arabe en 1919 au Caire : le WAFD, dont se réclame aujourd’hui Mohamed El Baradai. En Amérique du Sud, argentins, chiliens et uruguayens fondèrent des Unions Radicales Civiles toujours combatives en 2012.
La solidarité internationale et le droit des peuples à l’autodétermination sont des constantes radicales : de Jean Moulin et Pierre Cot organisant les livraisons d’armes aux républicains espagnols en 1936 à Pierre Mendès-France signant la paix en Indochine et l’indépendance de la Tunisie en 1955.
Les Radicaux de Gauche de 2012 (à leur niveau plus modeste) sont restés fidèles à cet universalisme. Ce n’est pas un hasard, ni un « coup médiatique » s’ils furent les premiers à présenter Christiane Taubira, députée Walwari de Cayenne à la présidence de la République en 2002. Ce n’est pas fortuit si les groupes parlementaires PRG accueillent des députés de la gauche Outre mer, comme, en leur temps Houphouët-Boigny, Senghor et Bourguiba siégeaient avec les Radicaux de la IVe république. Qui d’autres que les Radicaux ont permis au guyanais Gaston Monnerville d’être élu sénateur du Lot en 1946 et président du Sénat, devenant ainsi le deuxième personnage de la République ?
II- L’Humanisme radical en action : « Etats-Unis d’Europe », révolutions démocratiques, émancipation des nations et des peuples
Nous combattons pour la démocratie partout ! Nous œuvrons pour les droits de l’Homme et le droit des Femmes partout ! Nous savons que la Laïcité est le seul moyen approprié pour faire vivre et coexister en paix tous les peuples, toutes les ethnies, toutes les religions du monde ! Nous sommes convaincus que la République sociale est le meilleur régime politique pour assurer la liberté, la justice et l’émancipation des peuples !
L’humanisme Radical n’est pas un « bon sentiment », mais la perception politique et philosophique qu’il n’existe qu’un seul genre humain, et donc que toutes les hiérarchisations de races, de cultures et de civilisations sont dépassées, sources de haine et de conflits inutiles. Notre démarche politique s’inscrit également dans la définition d’une politique environnementale offensive et respectueuse des êtres humains. Enfin, nous agissons pour le développement des structures de coopération internationale basées sur le Droit : une ONU plus forte, un Tribunal international compétent partout, des organisations toujours plus efficaces. Nous réclamons l’abolition universelle de la peine de mort ! Au bout de notre horizon, nous rêvons une République mondiale civilisée, démocratique et fraternelle.
Depuis des décennies, nous nous battons pour les « États-Unis d’Europe », c’est à dire la constitution d’une Europe fédérale des peuples, laissant à chaque nation adhérente sa latitude mais unifiant les politiques de défense, des relations extérieures, de législation économique et sociale et, de développement durable.
La crise de l’euro reflète l’échec d’une politique européenne dépourvue de perspectives. Longtemps taxés d’utopistes, la folie des spéculateurs financiers manipulant les fondamentaux budgétaires de pays désarmés face à l’ampleur de leur déficit public redonne vigueur et acuité à notre idéal. Doit-on laisser la Grèce s’enfoncer en continuant à la saigner ou doit-on organiser une vraie solidarité ? Si l’Union fédérale que nous préconisons existait, jamais les grecs n’auraient pu s’extraire de toutes leurs obligations face à l’impôt mais jamais ils n’auraient été laissés dans un tel abandon.
Au contraire des courants nationalistes, nous déclarons qu’il ne faut surtout pas sortir les nations de l’Union Européenne mais qu’il faut beaucoup plus d’Europe pour sortir de la crise financière doublée de la récession économique que nous subissons ! Nous considérons que l’avenir de l’Europe passe bien évidemment par l’aide à Athènes, mais également par le soutien au mouvement citoyen pour la liberté d’expression à Budapest.
Nous défendons, enfin, l’élargissement pour raison civique et non seulement par intégration économique. Nous voulons attribuer la citoyenneté européenne à des peuples martyrisés tels les Bosniens et les Kosovars pour les faire entrer dans un espace civique fédérateur. L’intégration de la Croatie puis, à terme, de la Serbie, participent à cette dynamique.
Nous défendons l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Nous pensons que les gouvernants français successifs sont injustes avec la Turquie en durcissant les conditions d’entrée dans l’Union Européenne, pour de basses raisons électoralistes. La Turquie est un grand pays moderne et un trait d’union entre Occident et Orient. Nous nous prononçons pour une entrée rapide sans toutes ces conditions humiliantes au regard des facilités qui furent faites à la Roumanie, à la Croatie et à la Bulgarie pour leur intégration. Nos seules conditions résident dans le respect des critères de Copenhague, et notamment la reconnaissance de Chypre en tant que membre à part entière de l’Union européenne et la reconnaissance de l’existence du peuple Kurde en lui accordant un statut d’autonomie sur le modèle de la Catalogne ou de l’Écosse.
Enfin, nous devons agir pour faire de l’Union Pour la Méditerranée(UPM) une réalité politique, culturelle, économique, environnementale et populaire. Au-delà des erreurs de gouvernance initiales, le projet demeure.
Nous soutenons de toutes nos forces les révolutions démocratiques arabes. Un vent de liberté souffle puissamment et entraine tous les peuples du Maghreb, du Machrek, du Proche-Orient et de la péninsule arabique. Oui, il existe une alternative au régime autoritaire nationaliste et à l’islamisme théocratique : la république démocratique avec le pluripartisme, la confrontation des idées, l’égalité entre femmes et hommes, et la reconnaissance des minorités. Nous espérons que les dirigeants en place auront la sagesse d’ouvrir concertation et réforme institutionnelle même si l’optimisme initial est retombé. Dans cette perspective, nous condamnons sans réserve le « jusqu’au boutisme » meurtrier du pouvoir syrien. Nous réclamons avec force une intervention internationale en Syrie qui passera par l’établissement d’un couloir aérien humanitaire et une sécurisation des frontières. Le chemin de la république sociale sera long et nous souhaitons, à notre niveau et en toute humilité, accompagner les progressistes laïques de tous ces pays.
Les peuples d’Afrique sub-saharienne ne veulent plus être dirigés par des familles despotiques installées par les anciennes colonies. Pillant les richesses nationales, elles sont maintenues au pouvoir par des relations douteuses avec les puissances occidentales comme l’illustre la Françafrique. Nous soutenons la démarche d’élections libres et non contestables : en Côte d’Ivoire, au Sénégal et ailleurs. Ce sont des pays anglophones qui ont montré la voie démocratique : l’Afrique du Sud de Mandela, le Ghana ou encore le Liberia.
Le changement, cela doit également être maintenant pour la politique française en Afrique. La France doit abandonner définitivement les oripeaux de la Françafrique et accompagner des réformateurs élus librement dans la modernité du XXIème siècle. Pour prendre le contrepied du malheureux discours de Nicolas Sarkozy à Dakar : ce n’est pas l’Homme africain qui n’est pas rentré dans l’Histoire mais le pouvoir français qui n’a pas compris que l’Histoire avait changé !
Au Proche-Orient, notre position est claire et sans ambiguïté : nous souhaitons qu’un État palestinien viable au territoire homogène voit le jour et collabore avec un État d’Israël sécurisé dument reconnu par tous. Ce conflit n’a que trop duré et annihile les relations diplomatiques dans la région et bien au-delà. La responsabilité des États-Unis d’Amérique est engagée. Là aussi, les « États-Unis d’Europe »seraient bien utiles pour aider à un règlement négocié.
Le sous-continent indien cultive les paradoxes : son émergence économique est étonnante, sa capacité démocratique s’avère formidable et simultanément, Pakistan et Union Indienne se font face au Cachemire dans une paix armée de missiles nucléaires ! Là encore Tolérance, Humanisme et Laïcité doivent faire évoluer les choses, vaincre les haines passées, regarder ensemble l’avenir, abandonner les revendications territoriales sources de conflits, reconnaître les minorités chrétiennes, sikhs, tamouls… Une politique étrangère forte et unie de l’Union européenne permettrait de limiter le rôle ambigu et intéressé des États-Unis mais également de contrer l’émergence des groupes terroristes.
L’Asie sera obligée de passer par la case « Démocratie » et nous les y aiderons sans tomber dans certaines outrances  du « droit de l’hommisme » tiers-mondain. La libération d’ Aung San Suu Kyi montre la voie. Les dirigeants communistes vietnamiens et chinois qui ont su faire le virage du pragmatisme économique (et intégrer l’Organisation Mondiale du Commerce) ne pourront pas toujours bloquer l’internet et tolérer une corruption exacerbée au service d’une minorité toujours plus arrogante. Il y aura de nouveau un printemps sur la place Tien An Men…  Les Radicaux ne peuvent pas rester insensibles au développement de l’Arme nucléaire en Corée du Nord et en Iran. Là aussi, de réelles interactions internationales plutôt que de la Realpolitique seraient nécessaires.
La montée inquiétante des évangélistes dans les Amériques (aux USA, au Brésil et au Mexique) nous donne l’occasion de clarifier la position des Radicaux face au « politisme » religieux. Hérauts de la Laïcité universelle, nous sommes respectueux de la liberté de conscience et nous ne sommes pas des promoteurs de l’athéisme. Toutefois,  nous nous méfions des régimes théocratiques. Nous constatons que l’extrémisme religieux cherche toujours et partout à régenter la vie sociale des peuples qu’il veut garder sous son contrôle. De ce point de vue, le wahhabisme saoudien vaut bien le « néo-christianisme » US, et les talibans des madrasas de Kandahar ressemblent comme des frères aux rabbins orthodoxes des écoles talmudiques de Jérusalem. Au contraire, nous défendons l’individu libre dans une société qui lui permet de penser ce qu’il veut. Nous avons appris du philosophe Alain que tout pouvoir est oppresseur, encore plus s’il est fondé sur une vérité révélée.


III- Un universalisme alternatif à la mondialisation libérale
Les Radicaux veulent donner corps à un Universalisme qui serait un contrepoids efficace à la mondialisation libérale. Cette dernière s’est étendue à toute la planète. Des milliers de milliards de devises s’échangent chaque jour, entrainant des bulles spéculatives sans précédent et une déconnexion risquée entre l’économie réelle et l’économie financière. Il est possible à quelques jeunes traders fous d’attaquer et de faire vaciller des états millénaires. L’accumulation des richesses par une minorité n’a plus de limites et la pauvreté dans laquelle s’enfonce une autre partie de l’humanité est insupportable. Face à ces bouleversements, ces drames et cette anarchie, les Radicaux estiment urgent d’avoir une vision universaliste de toute action politique internationale. Ils plaident pour que les pays mais aussi les citoyens aient à leur tour un droit d’ingérence dans les affaires du monde. Ils exigent que soit conçue une architecture plus équilibrée donc plus démocratique de toutes les instances mondiales.
L’ONU doit devenir une véritable Organisation Universelle des Nations et des Peuples, marquant bien qu’elle est d’abord au service des populations et non des Etats. Une deuxième chambre doit être créée réunissant des « députés » des peuples du Monde dotée des mêmes prérogatives que l’Assemblée Générale des Nations-Unis ! Il pourrait s’agir dans une première étape de délégations des parlements nationaux mais il faudra arriver à des élections mondiales à l’instar des élections européennes que nous connaissons depuis 1979. A nos yeux, il peut s’agir d’une utopie mais qui aurait osé imaginer l’Union Européenne en 1945 ?
Nous n’oublions pas  la francophonie. Ce trait d’union culturel et linguistique entre tous les français du monde est partagé par de nombreux peuples de la planète mais aussi par des intellectuels de toutes les nationalités. Nous comparons, voire nous opposons souvent l’anglais des échanges économiques au français littéraire, non sans raisons. Si l’anglais est la langue de la mondialisation libérale que nous vivons aujourd’hui, la francophonie reste pour nous la langue des solidarités, la langue des Lumières, le lien entre les Hommes qui veulent prendre en main leur destin. Des peuples qui n’étaient pas francophones chantaient la Marseillaise quand ils s’opposaient à leurs tyrans. La Francophonie doit être défendue et promue partout : elle reste le meilleur vecteur de la France que nous aimons : celle de la générosité et de la Fraternité.
Nous vivons une nouvelle étape de l’histoire humaine. Paradoxalement, l’émergence d’une société globalisée ultra connectée se double d’un délitement des relations humaines. Facteur d’émancipation mais également d’individualisme, la globalisation des échanges immatériels doit non seulement nous imposer une gouvernance internationale d’internet mais également une démarche pour réduire la fracture numérique.
L’histoire de l’humanité a conduit les Hommes à occuper progressivement tout l’espace terrestre en la forme de communautés distinctes, de civilisations et de structures étatiques se définissant souvent par leurs différences et leurs affrontements. Du fait de la prise de conscience de son unité par l’espèce humaine et à sa capacité d’action collective grâce à sa maitrise technologique et scientifique sans cesse améliorée ; les Radicaux estiment qu’il est fondamental de construire cette nouvelle étape de l’histoire humaine en tenant le juste équilibre entre la liberté individuelle créatrice et le nécessaire gouvernement collectif soucieux de l’intérêt général.
Nous voulons faire prendre conscience à tous du lien qui doit unir l’individuel à l’universel, celui qui fonde l’idéal d’une République-Monde fraternelle. Pour cela, et sur la base du travail effectué à l’occasion des élections législatives des Français de l’étranger, nous faisons quatre propositions aux Radicaux de gauche qui sont autant des objectifs que des défis :
     _ Préparer les élections dans les AFE (Assemblée des Français de l’Etranger) de 2013 afin d’y renforcer la représentation des Radicaux de gauche.
     _  Œuvrer dès aujourd’hui auprès des partis laïques et progressistes d’Europe pour constituer des listes communes pour les « Etats-Unis d’Europe » dans le cadre des européennes de 2014.
    _ Organiser à l’été 2013 une Convention en faveur des « Etats-Unis d’Europe », dans une approche européenne fédéraliste de progrès.
       _   Lancer un appel à la création d’une internationale républicaine et laïque.

Eric MONTES                                            
Secrétaire national aux fédérations      

Olivier MAILLEBUAU
Secrétaire national aux relations internationales